05 juillet 2012

La nuit la plus sombre a toujours une fin lumineuse

photo_de_nuit


C'est Mowgouaille qui m'a donné envie d'écrire ce billet.

Elle parle de ses nuits, plus hachées qu'un steack charal, elle m'a touchée cette maman avec sa lettre d'un soldat à ses compatriotes .

Ma loupiote elle a que deux mois.... 2 mois c'est quoi? c'est minuscule c'est rien du tout! Et pourtant, si je me retourne  je vois que j'ai déja bien cheminé!

Il y a deux mois, on est rentrés de la maternité avec dans nos bagages, des beaux cadeaux de naissance, des émotions dans tous les sens, un magnifique bébé (par contre on a pas ramené le mode d'emploi...) et moi j'ai aussi ramené avec moi un fatigue infinie et une angoisse terrible.

Mon accouchement ... Des contractions, une homme a coté, des fous rire (si si!!) une sonde urinaire, et puis soudain cette envie qui vient des tréfonds de tes instincts "pousser" pour que bébé arrive. Oui mais (bah oui y a un mais) la fin de cet accouchement j'ai vécu cette trouille monumentale qui je crois m'a marquée à tout jamais: Mon bébé allait mourir. Le monito sonnait. La sage femme flippait. la gynéco ventousait. L'anesthésite questionnait (Bordel comment tu veux que je sache a quelle heure j'ai mis la dernière dose de péri je sais plus mon nom connaaaaaaassssssse!!!) et l'homme pleurait.

Moi dans tout ça je poussais, je pleurais, je flippais. Non je flippais pas, c'était pire! j'étais terrassée par la peur, l'angoisse, l'effroi, la panique. Bébé n'allait en réalité pas mourir. L'équipe a fait ce qu'il fallait pour poser sur mon ventre un bébé en pleine santé. Mais moi c'est que j'ai vécu. Ma fille, mon bébé, était en train de mourir, parce que je n'étais pas capable. Il est 8h11 je suis maman, ma fille est là. nous sommes parents.

Et puis, tous les 3 on a fait connaissance, première tétée de ma fille 15 minutes après, premier calin de papa et élise, moi qui pleure de joie, de soulagement. Mon corps qui tremble. La fatigue, les émotions. Un accouchement c'est peut être innoubliable, mais c'est extrèmement violent .

Et puis on remonte dans la chambre. Il est 10H30. Et a midi commencent les visites. Mes parents, mes frères, mes beaux parents, ma belle soeur.

Quel bonheur. Présenter notre merveille, notre fierté. Et cette question "alors l'accouchement?" Qui me fait systèmatiquemet pleurer. Je suis épuisée. je n'ai pas dormi.
Vient le soir, et tout le monde s'en va. Et me voilà seule, avec ma fille. En pleine forme ma fille. Elle s'endort. Et moi je me souviens.... ce bip d'alerte. La sensation de la ventouse qui ne ventouse pas. Les sages femmes qui m'encouragent, qui appuient sur mon ventre pour quelle sorte plus vite. Papa qui m'encourage et qui pleure parce qu'il a peur. Mon bébé va mourir.

 Je reste à la maternité 5 jours en tout. Chaque jour je supplie pour rentrer chez moi. Je veux ma maison, mes odeurs, mon lit, mon canapé, mon chat, mes repères. Oui mais.... C'est férié, et la montée de lait est très douloureuse. Oui mais... Elise est trop jaune...

Pendant 5 jours, le matin la sage femme vient, la puericultrice, parfois la pédiatre, la photographe, les aides soignantes. L'après midi c'est les visites. et le soir, tout le monde part. Et moi je me souviens.... ce bip d'alerte. La sensation de la ventouse qui ne ventouse pas. Les sages femmes qui m'encouragent, qui appuient sur mon ventre pour quelle sorte plus vite. Papa qui m'encourage et qui pleure parce qu'il a peur. Mon bébé va mourir.

Et puis enfin on rentre à la maison! Trop le pied quoi! enfin on rentre! Mais bizarrement ben je suis pas si bien que ça... Soudan je réalise... je suis épuisée, mon corps n'en peut plus. Et n'en veut plus. 
J'ai de la chance, papa est en vacances. Elise téte toutes les 2heures, et après chaque tétée papa me dit "je la prends va te reposer" alors je la laisse, je vais me coucher, avec les boules quiès.  Et moi je me souviens.... ce bip d'alerte. La sensation de la ventouse qui ne ventouse pas. Les sages femmes qui m'encouragent, qui appuient sur mon ventre pour quelle sorte plus vite. Papa qui m'encourage et qui pleure parce qu'il a peur. Mon bébé va mourir.

Et bien sur je ne dors pas.
Et quand vient la nuit... Elise mange toute les 2heures, et je ne dors pas entre. je n'y arrive pas, parce que quand je ferme les yeux je me souviens.... ce bip d'alerte. La sensation de la ventouse qui ne ventouse pas. Les sages femmes qui m'encouragent, qui appuient sur mon ventre pour quelle sorte plus vite. Papa qui m'encourage et qui pleure parce qu'il a peur. Mon bébé va mourir.

Mais c'est pire que ça, je somnole et les images, les sons m'envahissent. Je ne tiendrais jamais. Pourquoi j'ai fait un bébé? Je ne suis pas faite pour. Je me lève en pleurant. Je me recouche en pleurant. Cette "putain de gamine" ne dort pas. oui je l'ai dit je n'en suis pas fière. Le papa l'entends, m'engueule, ne pas parlé de notre bébé comme ça. Elle n'y est pour rien a ma fatigue et c'est vrai. Les nuits sont des cauchemars. Elle se réveille toutes les 2heures, peine a se rendormir.

Ensuite j'ai tiré mon lait. L'histoire est là. Et au lieu d'avoir 2heures entre deux tétées, j'en avais 4 une fois par nuit. Ce qui me laissait le temps de chasser mes démons et de dormir un peu.

 Et comme je l'ai dit, ça a sauvé mon allaitement, ma santé, ma relation avec mon bébé. De cercle vicieux on est passés a cercle vertueux.

Aujourd'hui, 5 juillet je peux le dire. je suis heureuse. Epanouie. Sereine. Et (relativement) reposée. La nuit se passe comme ça 22H/6H/8H environ. Elle dort dans son lit, sy endort tranquillement seule. Quand elle se réveille, je la prends dans mon lit, elle se love contre mon sein. On est bien. je pourrais dormir mais je savoure. Son odeur, sa chaleur, ses petits soupirs. La douceur de sa peau. Et le papa qui est là qui dort. Ceux deux personnes que j'aime plus que tout. A ce moment là, ils ne sont "que pour moi". Je suis la seule réveillée, et la seule à en profiter. Elle tète doucement, sa petite main contre mon sein. Je me shoote, et m'ennivre de son odeur de bébé. Et puis 5/10minutes après je la recouche. Et je me souviens, Ce bip qui a alerté les medecins a temps. La ventouse qui m'a aidé a faire naitre ma fille. Le papa qui pleure parce que déja il l'aime des tréfonds de son coeur et qui m'aide, me soulève pour que je pousse. Mon bébé n'est pas mort. Il va bien grace à tout celà.

Alors si avant mes nuits étaient des cauchemars dont je ne pensais jamais sortir, maintenant j'ai envie de dire "la nuit ça change tout, c'est merveilleux la nuit" 

Posté par lacuisinedeplume à 11:47 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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Commentaires sur La nuit la plus sombre a toujours une fin lumineuse

    moi aussi

    Oulalala, mais on dirait mon histoire. Sauf qu'Eloïse est née à 22h50 et que tous les soirs à cet heure là je me mettais à angoissée comme une malade et je ne pouvais plus la prendre... Quand monmedecin a mis le doigt dessus, ça c'est mieux passé, mais pffff... Le bébé bleu, la réanimation, l'attente dans la chambre de garde... L'horreur... Et puis maintenant je la vois pleine de joie ma crevette et je me dis que l'essentiel est là. Que le reste ne sera pas le plus beau jour de ma vie, mais c'est pas grave. j'en ai contruit d'autres des beaux moments!

    Posté par mowgouaille, 05 juillet 2012 à 12:15 | | Répondre
  • Tres bel article, bravo ! bravo aussi pour ce bébé, et oui c'est toujours un moment riche en émotions, mais ce que l'on retient toujours c'est le bonheur !

    Posté par decomatine, 06 juillet 2012 à 13:21 | | Répondre
  • Bravo !

    Bravo d'avoir mis les mots sur les maux que beaucoup de mamans n'osent pas "avouer". Emotions, autenticité et optimisme... Beaucoup de bonheur à vous 3 ! Ces moments sont précieux.

    Posté par Kercath, 06 juillet 2012 à 22:21 | | Répondre
  • Emotion

    Que d'émotions... Une si belle histoire en somme malgré l'angoisse, la fatigue, les doutes, les débordement, l'arrivée de ce petit étre reste quelque chose de magique
    Merci pour ces mots si justes

    Posté par carimi, 04 août 2012 à 14:41 | | Répondre
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